lundi 28 septembre 2009

Vacances a Itamambuca






Bon. On passe cinq jours dans une maison d'architecte de rêve, tout en tôle galvanisée et parois coulissantes en bois exotique. C'est a Itamambuca, pres d'Urutuba, sur la route de Puruba. Il s'agit d'un lotissement de posadas au bord de la mer, a trois heures de route de Sao paulo. La plage, paradisiaque, est à... cinquante mètres du salon...




On est là, avec Maria, notre nouvelle cuisinière, qui nous a fait une délicieuse feijoada aujourd'hui. Bref, on a juste a se soucier de l'heure à laquelle on va à la plage, et si on joue au ping-pong tout de suite ou pas.




 

On doit préparer un peu le concert de vendredi au club Berlin. On doit également faire un planning pour la dernière semaine de studio. Bref, tout va deja trop vite.





 

Beijos.

C.R.


Bom. Ficamos cinco dias numa casa de arquiteto que parece saida de um sonho, feita de metal galvanizado e de paredes deslizantes de madeira exótica. A praia, digna do paraíso, fica a… cinquënta metros…
Estamos aqui com Maria, nossa nova cozinheira, que fez hoje uma deliciosa feijoada. Ou seja que nossas únicas preocupações são a que horas sair para a praia, e também preparar um pouco o show da sexta no clube Berlin. Ultima coisa, devemos prever a organização da última semana de estúdio.
Tranquilo.
Beijos.

O Banquete




Tenter une description du Banquet de Platon monté par Zé Celso reviendrait à tenter d'expliquer Star Wars à un pygmee. Je ne m'y essaierai pas. Théâtre grandiose et total.

C.R.


Descrever O Banquete de Platon montado pelo Zé Celso seria como tentar explicar Star Wars para um pigmeu. Nem vou tentar. Teatro grandioso e total.

A Banda


En studio avec Paulo Lepetit





 


 


 



C.R

samedi 26 septembre 2009

Sao Paulo, Sans tricot de peau



Ça fait trois semaines donc. on dirait trois mois. Est-ce que si on multiplie ce genre de projet on finit par vivre deux ou trois fois plus longtemps?
Stéphane repart cet après-midi à Paris pour la promotion de Plus Cher. Vitor est parti en Allemagne. Du coup, on a une semaine de vacances (on va préparer la suite du studio quand même, mais ça va). On part au bord de la mer dimanche, dans une maison, puis un petit crochet par Rio.
On a les grosses bases de neuf morceaux. En français, en portugais, des duos, des morceaux très dansants, d'autres calmes. Il reste beaucoup de travail, il faut faire les voix, les choeurs, des re-re de cavacos et de guitares. Il reste six morceaux qu'on avait prévu, on aimerait en faire au moins deux, dont celui avec Zé au chant. Et seulement six jours de studio. On verra bien ce que ça va donner, ce qui est réussi en tout cas, c'est d'avoir généré autant de musique en si peu de temps. tout le monde a contribué aux compositions, aux arrangements, malgré les difficultés liées à la langue, à nos cultures, et au temps. L'urgence fonctionne à deux niveaux, elle est stimulante et fait sortir des choses imprévues, et en même temps elle provoque de la frustration avec l'impression qu'on manque de temps pour explorer toutes les pistes. Impression?
Hier soir on a découvert "notre" lieu, le Berlin, un club alternatif situé dans une zone en friche. Un peu roots, murs tagués, faune alter ou branchée, bons groupes. Bonne ambiance. On y joue le 2 octobre, juste nous, Tante Hortense.
Je ne sais pas si on aura accès à Internet cette semaine. A plus tard.


C.R.


São três semanas. Parecem três meses. Será que multiplicando esse tipo de projetos se acaba vivendo duas ou três vezes mais tempo ?
Stéphane sai hoje para Paris, vai fazer a promoção de Plus cher. Vítor partiu para Alemanha. Ou seja que temos uma semana de folga (vamos preparar a segunda sessão de estúdio, mas nada demais). Domingo vamos para a praia, numa casa, e depois daremos uma passadinha pelo Rio.
Temos as bases de nove canções. Em francês, em português, duos, algumas muito dançantes, outras bem calmas. Ainda temos muito trabalho, temos que fazer as vozes, os backing vocals, os re-re de cavaquinho e de guitarra. Tem seis canções previstas a mais, gostariamos de fazer pelo menos duas, entre as quais uma com o Zé cantando. E so temos seis dias de estúdio. Veremos o que acontece ; o que sim deu certo pelo menos foi criar tanta música em tão pouco tempo. Todos contribuiram nas composições, nos arranjos, a pesar das dificuldades ligadas à lingua, à cultura, à falta de tempo. A urgência funciona em dois níveis : ela estimula e faz surgir coisas imprevistas, e ao mesmo tempo provoca frustração, com a impressão que falta tempo para explorar todas as pistas. Impressão ?
Ontem descobrimos « nosso » lugar, o Berlin, um clube alternativo situado numa zona meio abandonada. Bem roots, paredes com grafitis, fauna alter ou na moda, boa música. Boa onda. Tocamos là no 2 de outubro, so nos, os Tante Hortense.

Não sei se teremos acesso à internet essa semana. Até mais.

mercredi 23 septembre 2009

Day off 2





Aujourd'hui repos. ça tombait bien pour ceux d'entre nous qui sont sortis hier soir... Matthieu (qui co-dirige Gaia Discos ici) nous a emmené, M-Jo, Eddy et moi dans une tournée des bars en règle de Rua Augusta (la rue qui va bien ici en centre ville), du plus branchouille au plus louche. On a fait des progrès certains en portugais. Nos remerciements à la cachaça (je recommande la Salina). Du coup la journée d'aujourd'hui est passée très vite... demain on retourne au studio pour une dernière journée avant le départ de Stéphane. On a plié sept morceaux, on espère en faire deux demain. L'ingé son, Paulo, qui a produit entre autres Tom Zé, est parfait, discret et très efficace. Les prises de son sont mortelles.
On s'est quand même promené un peu vers 17h aujourd'hui, et on n'arrive pas à s'ajuster aux dimensions de São Paulo. On est toujours perdus, même les taxi ne connaissent pas toujours la route, et on dirait que les gens, plutôt que d'avouer qu'il ne connaissent pas l'adresse que vous cherchez, vous disent un truc quand même, ce qui complique les choses. Ce qui n'empêche pas que la plupart des Paulistes se font un plaisir de vous aider, dans la bonne humeur.
On est toujours logés dans la famille d'Irène, Jean-Phi, M-Jo, Eddy d'un côté, Stéphane et moi chez son oncle, Zé, et Marcelo, toujours ravis de boire un Côtes du Rhône avec nous et parler de peinture, de musique brésilienne, ou de la situation du pays.
On se prépare pour aller voir Zombie Zombie tout à l'heure qui joue dans...
Rua Augusta.
Bon...

C.R.

Hoje, descanso. Ainda bem pois alguns de nos sairam ontem à noite… O Matthieu (que codirige a Gaia Discos) nos levou, M-Jo, Eddy e eu, numa balada pela rua Augusta (a rua legal do centro), do lugar mais badalado ao mais esquisito. Nosso português com certeza melhorou muito. Nossos agradecimentos vão para a cachaça (recomendo a Salina). Conseqüentemente, o dia de hoje passou muito rápido… Amanhã voltamos para o estúdio, último dia antes da saida do Stéphane. Acabamos sete canções, esperamos fazer duas mais amanhã. O Paulo, que faz o som, produziu o Tom Zé, entre outros, e é ótimo, discreto e eficaz. As tomadas são bacanérrimas.
Finalmente passeamos um pouco hoje, a partir das 17h, e realmente não conseguimos nos ajustar às dimensões de São Paulo. Ficamos sempre perdidos, até os motoristas de taxi nem sempre sabem por que caminho andar, e parece que as pessoas preferem dar uma direção errada em vez de falar que não conhecem o endereço que você está procurando, o que dificulta bastante as coisas. Mas isso sim, a grande maioria dos paulistanos tentam ajudar com a maior boa vontade e com muito bom humor.
Ainda estamos hospedados na familia da Irene ; Jean-Phi, M-Jo, Eddy de um lado ; Stéphane e eu na casa do seu tio, Zé, e do Marcelo, sempre dispostos a tomar uma copa de Côtes du Rhône com a gente e a conversar sobre pintura, música brasileira, ou sobre a situação do país.
Estamos nos preparando para assistir o show do Zombie-Zombie que toca daqui a um momento na…
Rua Augusta.
Bom…

mardi 22 septembre 2009

Concert à Cidade Tiradentes




Samedi c'était notre première scène tous ensemble. La pression monte. Un petit festival organisé pour célébrer la construction d'un futur centre culturel à Cidade Tiradentes, un quartier de São Paulo constitués de HLM et de favelas. On a plié le matos à Embu pour aller directement là-bas, dans un van rempli à craquer, à environ deux heures de route. On s'est enfoncés dans le quartier pendant un bon quart d'heure, en traversant des coins de plus en plus pauvres, jusqu'au lieu du concert.











Nous n'en menions pas large tout en étant surexcités. En déchargeant le camion, nous avons été gentiment assaillis par tous les gosses du quartier, curieux de voir des français. C'était incessant mais dans la bonne humeur. Des enfants de huit ans nous demandaient des cigarettes, d'autres demandaient à Eddy ou à Stéphane d'où on venait. C'était fou de s'installer dans un tel endroit, dans une telle ambiance. On croyait paranoïer mais quand on a vu Vitor garder son sac en bandoulière pour jouer, on a senti qu'on avait raison d'être très prudent. Le son sur scène était terrible, personne ne s'entendait, on a joué à vue, mais c'était kiffant. Un des meilleurs moments fut lorsqu'on  a joué Uma Piroca No Pulso (dois-je traduire?) devant le public qui, jusqu'ici plutôt intrigué, s'est mis à halluciner comme nous.






Depuis dimanche on est installés dans un studio assez grand, très agréable, en banlieue, pour faire des prises live. On a pour l'instant six morceaux en boite (sans les voix et menus détails...). On termine ici jeudi. Après, une petite semaine de vacances - ça fera trois semaines non-stop qu'on tire sur la corde - pendant que Stéphane rentre à Paris pour Le Pont des Artistes. Puis retour dans un autre studio - voire dans le même - début octobre. Un concert de Tante Hortense est calé au Berlin, boîte branchée de Barra Funda le 2 octobre, on joue à Oficina le 7.
On est fatigués, on baragouine dans trois langues, on a plus de notion du temps (ça fait deux mois qu'on est là non?), on rigole comme des zouaves au moindre jeu de mot approximatif, et en même temps les deux groupes sont plus proches, on est plus efficaces, on a conscience du plaisir et de la chance d'être ici.

C.R.





Sabado foi nosso primeiro show em comum. A pressão está subindo. Foi num pequeno festival organizado para comemorar a construção de um futuro centro cultural em Cidade Tiradentes, bairro de São Paulo feito de conjuntos habitacionais e favelas. Embarcamos todo o material do Embu para ir diretamente para lá, à uma duas horas de carro, numa van cheissima. Ficamos entrando na área por uns quinze minutos, atravessando lugares cada vez mais pobres, até o lugar do show.
Estavamos preocupados mas entusiasmadíssimos. Enquanto tirávamos os intrumentos da van, fomos gentilmente rodeados pelas crianças do bairro, curiosas por verem franceses. Eles não paravam, mas sempre bem humorados. Crianças de uns 8 anos nos pediam cigarros, outros perguntavam para Eddy ou Stéphane da onde vinhamos. Era muito louco se instalar num lugar assim, num ambiente assim. Nos achamos muito paranóicos mas quando vimos que o Vítor ficava com o seu bolso enquanto tocava, entendimos que era melhor ser prudentes. O som no palco era terrível, não nos ouvíamos, tocamos sem saber muito bem o que fazíamos mas foi o maior barato. Um dos melhores momentos aconteceu quando tocamos Uma Piroca no pulso (devo traduzir ?) na frente de um público que, de curioso, passou ser tão alucinado quanto a gente.

Desde domingo estamos num estúdio bem grande, muito aconchegante, no Butantã, para gravar tomadas ao vivo. Temos por enquanto seis canções (sem as vozes e os detalhes). Terminaremos até quinta-feira. Depois, teremos uma semana de folga – já faz três semanas que não paramos – enquanto Stéphane volta para Paris para participar do programa de radio Le Pont des artistes. Depois iremos para outro estúdio – ou talvez ficaremos no mesmo – no início de outubro. Um show de Tante Hortense está previsto no Berlin, clube badalado da Barra Funda, no 2 de outubro; e tocamos no Oficina no dia 7.

Estamos cansados, misturamos três línguas, perdimos qualquer noção do tempo (já estamos aqui dois meses, né ?), rimos como bestas a qualquer trocadilho aproximativo e, ao mesmo tempo, as duas bandas ficam mais próximas, somos mais eficazes, temos conciência do prazer e da sorte que temos de estar aqui.

lundi 21 septembre 2009

Embu






Nous revoilà. On a passé la semaine à Embu, dans une maison à la campagne (enfin campagne... version Brésil, à base de manguiers et de toucans) pour travailler des nouvelles chansons. C'était le trip genre Os Novos Bahianos, installés dans le salon, dans le jardin, dans le hangar, soutenus par notre cuisinière salvatrice Patricia. Semaine intense puisque tous ensemble dans le même lieu, rehaussée par l'arrivée de Leticia, qui avait dans ses bagages la musique pour un texte de Stéphane, Mon Bel Amant Du Berry. On a faillit pleurer en l'écoutant chanter ça. A partir de là, beaucoup de nouvelles chansons, et beaucoup de travail, à huit, ou en petits groupes disséminés au quatre coins de la maison.












Ajoutez à ça l'infatigable et précieuse Juliette qui continuait son travail de fond de démarchage et de promotion (un peu plus de concerts à venir), Helio qui nous filme, et Maria, la fille de Vitor qui passait nous voir de temps en temps, la maison était plutôt vivante, la vie sans répit. On est entrés un peu dans les détails, tendus par les journées de studio qui approchent et le premier concert à Tiradentes, en plein milieu des favelas (voir les prochains messages). On a pas touché à la piscine mais on a gouté la cachaça locale (voir les prochains messages).







Au final, une quinzaine de chansons envisagées. On est actuellement en studio, en banlieue de Sao Paulo (ça fait deux jours on sait toujours pas comment y aller... l'idée c'est de trouver le bon bus sur les 3 ou 4 000 qui traversent la ville...), on se démène pour enregistrer le maximum de choses, donc peu de temps pour entretenir ce blog. Je crois que Leticia va prendre le relais. Je vous laisse, j'ai un solo à faire.

C.R.




Voltamos. Ficamos essa semana no Embu, numa pousada no campo (bem, no campo… versão brasileira, com mangueiras e tucanos !) para ensaiar as novas canções. Foi uma viagem meio Novos Baianos, instalados no salão, no jardim, no galpão, apoiados pela salvadora Patricia que cozinhava para a gente. A semana foi densa pois estávamos todos no mesmo lugar, e a Letícia chegou trazendo nas suas malas uma música para o texto Mon bel amant du Berry que o Stéphane tinha escrito. Quase choramos ouvindo ela cantá-la. A partir dai, muitas canções novas, e muito trabalho, todos juntos ou por pequenos grupos instalados nos quatro cantos da casa.
Somando a isso tudo a valorosa e enérgica Juliette que continuava seu trabalho de fundo de produção e promoção (uns shows a mais estão na frente), Hélio que nos filmava e Maria, a filha do Vítor, que passava de vez em quando, a casa era muito cheia de vida, a vida sem descanso. Entramos mais nos detalhes, tensos por causa dos dias de gravação e do primeiro show em Cidade Tiradentes, na periferia, que se aproximavam (ver os próximos posts). Não conseguimos entrar na piscina mas experimentamos a cachaça local (ver os próximos posts).
Afinal, umas quinze canções estão por vir. Estamos esses dias no estúdio, no Butantã (já são dois dias e ainda não entendimos como chegar là… A idéia é achar o ônibus correto entre os 3 ou 4.000 que atravessam a cidade…), estamos ralando para gravar o mais possível, ou seja que temos pouco tempo para alimentar esse blog. Acho que a Letícia vai continuar. Eu tenho que ir, tenho um solo para fazer.

dimanche 13 septembre 2009

Day Off

La première étape du séjour s'est donc terminée hier. Aujourd'hui c'est off. Hier avec Eddy on s'est permis d'inventer un nouveau mot du vocabulaire musical en portugais... On a demandé à Vitor comment on dit "faire des cocottes" (les riffs de guitare funky de Billie Jean par exemple) et il n'y avait pas de mot. On a donc choisi le mot coq - galo - qu'on a transformé en verbe, galocar, faire des cocottes. Ou fazer galos. On était contents de nous.
Quelques photos de la dernière journée à Oficina, lieu vraiment unique.

A primeira étapa da estadia terminou ontem. Hoje é dia de folga. Ontem inventamos com Eddy uma nova palavra do vocabulário musical português… Perguntamos para Vítor como se diz « faire des cocottes » (os riffs de guitarra funky de Billie Jean, por exemplo) e não existia palavra. Escolhimos então a palavra galo, e a transformamos em verbo, galocar, fazer cocottes. Ou fazer galos. Ficamos felizes.
Algumas fotos do último dia no Oficina, lugar único.


 







                                                                  Eddy


                                                     Beto, tocando Je suis aussi


                                                               Learning Bossa Nova...


                                                                    M-Jo


                                                                 Jean-Phi


                                  Tante Hortense déguisé en guitariste à Oberkampf


 C.R.

samedi 12 septembre 2009

Fazemos a canção de novo





ça fait une semaine. On a l'impression que ça fait un mois. Entre l'écriture des chansons, les arrangements le matin, le travail à Oficina de 13h à 21h, le tri des enregistrements et les écoutes, la mise en place du blog, sélectionner des photos, les repas et les discussions avec Revista Do Samba, les heures se sont évaporées. Cette première séquence de travail à Oficina (on s'installe chez Vitor lundi, à 30 km de SP) est très dense et cruciale. On cherche une façon de communiquer, une façon de travailler ensemble et, plus important, d'appréhender nos approches respectives de la musique, pour trouver l'endroit où Tante Hortense et Revista Do Samba peuvent fusionner. On est forcément renvoyé à soi-même, à notre façon de voir les choses, de les communiquer, d'envisager la musique. Cet aspect du travail est passionnant, puisqu'il s'agit à la fois de bien comprendre qui l'on est, de quelle culture on vient, tout en en accueillant une autre, une autre histoire de la musique. Se faire confiance et laisser arriver ce qui arrive. Jusqu'ici nous avons cinq morceaux en chantier, plus ou moins avancés, et on commence à trouver un son, sans parler du plaisir énorme de jouer ensemble, de se montrer des choses, et de parler de samba.
On commence aussi à comprendre un peu mieux où l'on est dans cette ville, à relier les quartiers entre eux. Le baragouinage des débuts s'est un peu calmé et on se concentre sur le portugais. Avec Eddy on commence à faire des vannes en portugais, et par moments on se croit à Marseille, trinqui-le. La voie rapide qui traverse São Paulo, sorte de périphérique gigantesque est omniprésente, le flot de voitures est ininterrompu, nuit et jour. La pollution visible à l'œil nu. C'est tellement urbain voyez-vous. Dans la rue, les poubelles ont tendance à s'accumuler, le maire de SP a supprimé des milliers de postes dans les services de voirie alors que les salaires des fonctionnaires de la mairie ont triplé...
Dernière journée à Oficina aujourd'hui. Demain c'est off.
Ah, c'est l'heure du café...

C.R.

 

Já faz uma semana. Temos a impressão que faz um mês. Entre escrever as canções, os arranjos na manhã, o trabalho no Oficina das 13h às 21h, a triagem das gravações e as audições, a redação do blog, a seleção das fotos, as refeições e as conversas com os Revistas, as horas se evaporam. Essa primeira seqüência de trabalho no Oficina (segunda-feira vamos para a casa do Vitor, a uns 30 km de São Paulo) é muito densa e crucial. Procuramos uma forma de comunicação, uma maneira de trabalharmos juntos e, mais importante ainda, de entender nossas respectivas abordagens da música para encontrar o ponto no qual Tante Hortense e Revista do Samba podem entrosar. Nessas circunstâncias, você é necessariamente colocado frente a você mesmo, à sua maneira de ver as coisas, de comunicá-las, de pensar a música. Esse aspecto do trabalho é emocionante, pois tem que entender bem quem somos, de que cultura viemos, e ao mesmo tempo acolher outra cultura, outra história da música. Ter confiança e deixar as coisas acontecerem. Até agora temos cinco composições encaminhadas, mais ou menos acabadas, e começamos a encontrar um som, sem mencionar o prazer imenso de tocar juntos, de mostrar-se coisas e de falar em samba.

Também começamos a entender melhor onde estamos nessa cidade,a interligar os bairros entre eles. A língua bagunçada dos primeiros instantes está ficando um pouco melhor e nos concentramos sobre o português. Com Eddy já começamos a fazer piadas em português e, em determinados momentos, quase nos sentimos em Marselha, tranqüiiiiilo. A auto-estrada que atravessa São Paulo, espécie de periférico gigantesco, é onipresente, o fluxo de carros é ininterrupto, noite e dia. A poluição é palpável. É tão urbano, entendem ? Nas ruas, o lixo vai se acumulando - o Prefeito de São Paulo cortou verba nos serviços de varrição enquanto triplicou os salários dos altos funcionários da prefeitura...

Último dia no Oficina hoje. Amanhã é folga.

Ah, chegou a hora do cafezinho...

jeudi 10 septembre 2009

Beto et Vitor - Beto e Vitor

Vraie journée à Oficina aujourd’hui. L’arrivée du percussionniste Vitor et du guitariste Beto, du groupe Revista Do Samba, a raffermi le ton. On est tombé dans le jeu instantanément, tous excités et curieux. On parle de son, de musique brésilienne, ça percute. Enfin on parle... on improvise une mixture de français, portugais, anglais, espagnol, italien, voire finlandais pour Jean-Phi (son "Stoppi" pour dire "on s'arrête" est déjà un classique).

On a commencé à traverser des morceaux pour constituer un répertoire. Vitor a un groove imparable, une pulsation qui avance tout en ayant l'air de trainer. Tripant... Beto, plus réservé, mais tout aussi affûté. Stéphane a l’air d’être dans un rêve. On a tous un sourire scotché. Certaines chansons de Tante Hortense ne semblaient attendre que ça, et Amazonie (sur l’album Mieux, Les Disques Bien) fait son retour au pays. Au final, trois morceaux de TH et un morceau de Samba funk de Beto reliftées par cette formation aujourd’hui. On a eu le temps de commencer à rentrer dans les détails, notamment sur la chanson La Révolution, que certains ont peut-être déjà entendue à une Bienfaisance ou à Marseille au Paradox. Ça crépite, ça chaloupe, ça tricote. Et la chanteuse Leticia n’est pas encore là…

Le quartier d’Oficina se revèle nettement plus agréable et animé dans la journée. On se sent bien. Hier soir, dîner avec Mathieu, responsable du label Gaia Discos, qui nous a briefés un peu sur la suite du projet et sur la vie culturelle et nocturne de São Paulo. Ça commence à ressembler à quelque chose. On est encore dans notre bulle, pas encore au fait de la situation ici. Vagues échos de la visite présidentielle et des inondations terribles d'il y a deux jours... Faut encore qu'on arrive à caser des journées de 36 heures dans des journées de 24. Allez, une caipirinha et au lit.

C.R.


Dia inteiro no Oficina hoje. A chegada de Vítor, o percussionista, e Beto, o guitarrista, os dois da banda Revista do Samba, fez o tom mudar. Caímos instantaneamente na brincadeira, excitados e curiosos. Falamos de som, de música brasileira, as coisas fluem. Bom, falamos… improvisamos uma mistura de francês, português, inglês, espanhol, italiano, e até finlandês para o Jean-Phi (o « stoppi » dele quando quer dizer « vamos parar » já virou classico).
Começamos a atravessar composições para constituir um repertório. Vítor tem um groove implacável, uma pulsação que, enquanto avança, dá a impressão de tomar seu tempo. O maior barato. Beto, apesar de ser mais reservado, é tão afiado quanto ele. Stéphane parece estar num sonho. Todo temos um grande sorriso que nunca some. Parece que algumas canções de Tante Hortense só ficavam esperando esse momento, e Amazonie (album Mieux, Les Disques Bien) está voltando para sua terra. Acabamos com três canções de Tante Hortense e um samba funk do Beto no qual a formação fez uma plástica. Tivemos tempo para começar a entrar nos detalhes, particularmente nas canções La Révolution, que certas pessoas talvez ouviram numa Bienfaisance, ou no Paradox, em Marselha. Isso tudo crepita, balança, se entrelaça. E a cantora, Letícia, ainda não chegou…
O bairro ao redor do Oficina se revela bem mais agradável durante o dia. Nos sentimos bem. Ontem à noite, jantar com Matthieu, responsável da produtora Gaia Discos, que nos deu informações sobre a continuação do projeto e sobre a vida cultural e noturna de São Paulo. As coisas estão se ajeitando. Ainda estamos numa bolha, não estamos a par da situação daqui. Vagos écos da visita presidencial e das inundações terriveis que ocorreram dois dias atrás… Ainda temos que achar um lugar para 36 horas em dias que só cabem 24 horas. Vamos lá, uma caipirinha e para a cama. 


mardi 8 septembre 2009

Cinq heures de moins - Cinco horas a menos


Marseille - Paris. Paris - Lisbonne. Lisbonne - Sao Paulo. Taxi. Traversée de la ville, São Paulo est immense, grise, impassible. Tour à tour détrempée ou alourdie par la chaleur. Première impression, c'est un seul grand quartier de 10 000 km2. 
Premier week-end à absorber le jetlag, s'installer dans l'appartement à Paraiso, et à commencer à écrire des chansons quasi sur le champ. Nous sommes là pour cinq semaines pour créer un répertoire et enregistrer un album commun avec le groupe Revista Do Samba.
On commence ces cinq semaines par dix jours de résidence à Teatro Oficina, le lieu de Zé Celso, metteur en scène mythique et mémoire du pays. Le bâtiment se situe dans un quartier populaire, bien roots, traversé par une voie rapide. A l'intérieur,  pas de scène, le public est disposé à la verticale, façon Teatro Novo. Le gardien a une machette de 60 cm de long à portée de main. Après les quatre premiers jours à trouver un rythme ensemble, à se frotter à la ville, à la culture, au dépaysement, le théâtre de Zé participe à ce changement de repères, le prolonge, faisant monter encore de quelques crans notre énergie. La musique ici ne cesse d'affluer, et nous inspire déjà ; écriture à 8h du matin, carnet et guitare, ostinato martelé toute la matinée, répétitions plus classiques l'après-midi, discussions débridées le soir. Chansons troussées d'une traite, ébauches entêtantes, instantanément marquées par la ville.
Première sortie arrosée hier soir au O Do Borogodo, samba, danse, et caipirinha... Demain, première journée de travail avec les Revista...
C.R.
Marselha - Paris. Paris - Lisboa. Lisboa - São Paulo. Taxi. Cruzando a cidade, São Paulo é imensa, cinza, impassível. Alternadamente diluida ou oprimida pelo calor. Primeira impressão: é um grande bairro único de 10.000 km2.
Primeiro fim de semana, absorvemos o fuso horário, nos instalamos no apartamento no Paraíso e quase em seguida começamos a escrever canções. Estaremos aqui durante cinco semanas, para criar um repertório e gravar um album em comum com a banda Revista do Samba.
Começamos essas cinco semanas com dez dias de residência no Teatro Oficina de Zé Celso, mítico diretor de teatro e memória do país. O prédio é situado num bairro popular, atravessado por uma avenida, quase uma auto-estrada. Dentro, não tem palco, o público senta na vertical, à maneira do Teatro Novo. O zelador tem um machete de 60 cm por perto. Depois de quatro dias tentando encontrar um ritmo comum, esfregando-nos à cidade, à cultura, à ausência de pontos de referência, o teatro do Zé participa desse processo de mudança de referências, o prolonga, aumenta gradualmente a nossa energia. Aqui, a música flui sempre e já nos inspira; escrever já as 8h da manhã, caderno e violão, Ostinato martelado toda a manhã, ensaios mais tradicionais na parte da tarde, conversas sem fim à noite. Canções acabadas em instantes, esboços que não saem da mente, marcadas em um instante pela cidade.
Primeira saida com caipirinha ontem à noite no Ó do Borogodó, samba, dança… Amanhã sera o primeiro dia de trabalho com os Revistas…